ALTIMEO AM : LA GENÈSE D’UN FONDS DE COUVERTURE

Q : David Lifchitz, vous êtes le gérant du fonds d’actions couvertes Altimeo Equinox Europe au sein de la société de gestion Altimeo Asset Management. Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ainsi que de la genèse de ce fonds ?

R : Passionné par mes études en Mathématiques Appliquées et Informatique à l’Université de Paris-Dauphine, j’ai commencé ma carrière dans l’informatique en 1997, en créant une société d’édition de logiciel servant à diagnostiquer les pannes des réseaux critiques des salles de marchés. C’était mon entrée dans la Finance par la petite porte. Chemin faisant, je m’intéresse de plus en plus à ce qui se passe non plus dans les tuyaux, mais sur les écrans des traders toutes ces courbes et chiffres qui défilent à grande vitesse, sans parler de l’ambiance qui règne dans une salle de marché j’avais trouvé ma voie !

Très vite, j’appréhende les deux grands aspects de la gestion de marchés : fondamentale et quantitative. Mon parcours académique et mon penchant pour les chiffres me conduisent à rechercher des stratégies de trading basées sur une approche purement quantitative, n’ayant qu’un intérêt moindre pour la lecture des rapports financiers des entreprises ou pour les analyses d’offre et demande de matières premières, etc.

 

Q : Concrètement, quels sont les outils que vous avez créés ?

R : C’est en 2002, à Paris, que je développe mes premiers outils pour un broker, avant de partir à New York en 2003. Un investisseur privé, qui m’avait suivi dans mes premiers projets informatiques, me demande si je peux l’aider à gérer le portefeuille de son family office ! La tâche n’est pas simple il utilise la plateforme Lyxor de la Société Générale qui met à disposition de ses clients une liste de hedge funds avec une liquidité hebdomadaire au lieu des habituelles clauses de liquidité trimestrielles pour ces fonds, et se demande comment il pourrait sélectionner les meilleurs fonds à un moment donné, mettant à profit la liquidité proposée : trader des hedge funds au lieu des actifs classiques!

Le défi me passionne et c’est alors que je développe en 2003 un modèle quantitatif d’allocation tactique à partir des fonds disponibles sur cette plateforme. Convaincu par mon approche, il investit et gère son patrimoine suivant les recommandations du modèle. Nous sommes tous les deux un peu nerveux les premiers mois, mais les bons résultats ne tardant pas à se faire attendre, conformément aux attentes du modèle, c’est le début de ma carrière en tant que « Quant ».

Je développe par la suite d’autres stratégies de trading et outils de gestion de risque pour des hedge funds et des family offices.

 

Q : Comment vous est venue l’idée de développer des stratégies de couverture ?

R : C’est avant tout une question d’opportunité, comme souvent. La gestion de ce family office étant maintenant sur pilote automatique, je me vois proposé en 2006 de rejoindre, comme directeur du risque, un hedge fund qui démarre, spécialisé dans les pays émergents. Nouvelle aventure et deux ans plus tard, le fonds est racheté par le géant anglais Ashmore (60 milliards de dollars sous gestion). Changement de braquet puisque la petite équipe de six personnes se retrouve intégrée dans une multinationale, mais tout en conservant son autonomie. Je conserve mon rôle pour la filiale américaine du groupe mais bientôt l’esprit entrepreneurial me rattrape et je décide de retourner à mes premiers amours : la gestion de fonds pour des family offices. En effet, ces investisseurs ne gérant que leur propre argent, ils n’ont pas les mêmes contraintes que les gérants classiques et s’inscrivent sur un horizon de gestion plus long.

C’est alors que je créé une activité de conseil pour family offices, allant de la sélection de fonds à la construction de portefeuilles et à la gestion de risque. Nous sommes en 2010, et la crise de 2008 ayant fait beaucoup de dégâts, les investisseurs qui avant ne se souciaient pas d’un drawdown de 20% tant que le rendement annualisé était de 30% l’an, sont devenus beaucoup plus conservateurs. Les Banques Centrales ont commencé leurs interventions majeures dans les marchés et après 2 ans de rebond depuis la crise de 2008, certains investisseurs deviennent de plus en plus nerveux sur fonds de Flash Crash et de crise Grecque ne sachant pas s’il vaut mieux sortir du marché ou rester investi . C’est ainsi qu’en 2011 un family office me contacte par le bouche à oreille et me demande si je n’aurai pas une idée pour apporter une solution à ce « conundrum ».

Compte tenu du nouveau contexte dans lequel nous évoluons alors, je réfléchis à comment proposer une sorte d’assurance du portefeuille de mon client, qui ne grève pas trop son rendement brut, et qui puisse s’adapter à l’existant (un portefeuille d’une vingtaine de hedge funds). Les solutions classiques d’ « assurance auto-financée » (achat d’options de vente « put » financé par la vente d’options d’achat « call », revenant à ajouter une exposition indicielle à découvert (short) au portefeuille à couvrir en assumant qu’il a un biais long) ne me conviennent pas car elles possèdent deux inconvénients majeurs : elles capent la hausse des actifs en portefeuille d’une part et d’autre part peuvent se révéler désastreuses en cas de forte volatilité sur les marchés qui correspondent le plus souvent à des crises de marché, alors que c’est dans ces moments que l’on compte le plus dessus.

C’est alors que je créé un modèle d’ « assurance auto-financée » dont le financement n’est pas directionnel comme avec l’approche classique décrite ci-avant, mais neutre, par le biais d’une vente couplée d’options de vente (put) et d’options d’achat (call) : un strangle. La difficulté de cette approche est le dimensionnement des positions, ainsi que leur gestion avant leur expiration, de manière à en extraire le financement de l’assurance mise en place, sans exposer le portefeuille à des variations supplémentaires liées à ces positions optionnelles à découvert. Après de nombreux mois de réflexion et de recherche, j’obtiens un modèle qui tient la route et le family office décide de le mettre en application sur son portefeuille patrimonial.

 

Q : Mais alors, pourquoi la France et Altimeo AM ?

R : Fort du succès de cette approche et compte tenu du fait que cette demande n’était pas spécifique à un investisseur particulier, mais adressant un besoin montant, il a fallu penser à « industrialiser » cette méthode originale et pertinente, permettant aux investisseurs de rester exposer à leur convenance, sans pour autant s’exposer à un risque significatif de perte le cas échéant. Mon objectif était double ; trouver une société de gestion capable de m’accompagner dans ce projet mais également, inscrire le développement du fonds dans un projet d’entreprise cohérent.

Fin 2014, après 12 ans à New York, je décide de rentrer à Paris pour raisons personnelles après m’être rapproché d’Altimeo Asset Management, qui correspondait bien au profil de société capable de développer un tel projet. Altimeo Asset Management cherchait à étoffer son offre de gestion alternative par des stratégies innovantes, et c’est ainsi que naitra le fonds Altimeo Equinox Europe deux ans plus tard, le temps d’obtenir l’aval des autorités pour le lancement du fonds au format UCITS.

Altimeo Equinox Europe est la mise en forme de quinze années passées à observer, tester et mettre en place les solutions élaborées pour le marché américain, mais adaptées aux marchés financiers européens. Je suis convaincu du bien-fondé de cette solution, surtout dans le contexte inédit que traversent les marchés mondiaux. L’exposition à l’indice d’actions européennes EuroStoxx50 couplé à une protection auto-financée telle que définit par mon modèle et brièvement décrite plus haut m’apparait comme une solution efficace. Le fonds fêtera, le mois prochain, ses 12 mois d’existence.

A l’heure où les principales banques centrales se concertent pour réduire leurs interventions dans les marchés, qui a conduit à un des plus grands « bull market » (marché haussier) de l’histoire, un fonds tel qu’Altimeo Equinox Europe trouve toute sa valeur et me convainc qu’il à un bel avenir.

Propos recueillis par OCVM360 – Interview réalisée le 20/12/2017

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